Voilà des initiatives interssantes et moi je dis que je suis totalament d'accord et que je rêve de faire la même chose !!!
Vive la decroissance !, Courrier International n°896, 03/01/08 Nicola Shepheard,
The New Zealand Herald Refus
de l’hyperconsommation, mode de vie moins polluant... En Australie et
en Nouvelle-Zelande, ces idees font ecole, notamment chez les jeunes.
Les
adeptes de la decroissance (downshifters ou downsizers) [decelerateurs
ou encore ralentisseurs] vivent dans les grandes villes comme dans les
petites, mais aussi a la campagne. Ils traversent les generations et
les professions, mais la plupart appartiennent aux classes moyennes ou
superieures. Ils parlent de liberte, de redecouverte des plaisirs
simples, de bien-etre, d’harmonie. Ils savent que moins peut etre plus.
Peut-etre certains sont-ils vos voisins. D’ailleurs, avec la hausse des
prix de l’alimentation, le poids de l’energie dans les budgets et le
spectre toujours present d’un effondrement du marche de l’immobilier,
tout le monde pourrait bientot avoir a s’efforcer de vivre mieux avec
moins.
Dans le livre Affluenza [terme
designant le “complexe d’opulence”], Clive Hamilton, directeur de
l’Australia Institute, un groupe de reflexion plutot de gauche, definit
ainsi les adeptes de la decroissance : ce sont “des individus qui
procedent a un changement volontaire et a long terme de leur mode de
vie, passant par des revenus sensiblement moins eleves et par une
baisse de leur consommation”, et qui aspirent a mener une vie plus
epanouissante, ayant plus de sens. Liberes du joug de la routine
capitaliste, ils travaillent moins et depensent moins, et le font de
facon plus constructive.
L’ouvrage
Affluenza est une dissection accablante de la perversion des valeurs de
l’hyperconsommation. Les adeptes de la simplicite volontaire, assurent
les auteurs, forment une force sociale puissante mais tres meconnue, en
butte a la culture de la consommation frenetique. Selon une etude de
2002 citee dans l’ouvrage, 23 % des adultes australiens ont “decelere”
d’une facon ou d’une autre au cours des dix annees precedentes. Et
Clive Hamilton estime que ce chiffre est en progression.
Souvent,
le choix de lever le pied part de considerations pratiques, mais le
reexamen critique qu’il entraine conduit aussi a une prise de
conscience ecologique. Ce fut le cas pour Bevan Woodward et son epouse,
Gera. Quand ils se sont rencontres, ils etaient tous deux en train de
revoir leur facon de vivre pour etre en phase avec leurs nouvelles
valeurs. Bevan a quitte son emploi de directeur commercial il y a dix
ans apres s’etre rendu compte qu’il etait profondement malheureux et
qu’une Harley Davidson ou une enieme chemise a 300 dollars n’y
changerait rien. Gera, qui gagnait autrefois jusqu’a 100 000 dollars
par an dans le marketing, a vu ses valeurs changer apres la naissance
de son fils Jerome. Elle travaille aujourd’hui pour Plunket, une
societe neo-zelandaise de soins de sante pour les enfants. Bevan, de
son cote, est devenu fou de velo. Il dirige desormais un groupe de
defense des interets des cyclistes et mene des actions de
sensibilisation pour des organismes ecologistes et sociaux, pour un
salaire bien loin de ce qu’il gagnait auparavant. Le couple projette
par ailleurs de s’installer dans un ecovillage.
Le
bien-etre, que ce soit au sens moral ou en tant que plaisir, voila ce
qui a conduit Niki Harre et son mari, Keith Thomas, a la decroissance
dans leur vie de famille. Keith, qui travaillait comme artiste, s’est
lance dans la plantation et l’entretien de potagers et de vergers dans
la region d’Auckland. Niki, qui est la sœur de la femme politique
aujourd’hui retiree Leila Harre, est psychologue a l’universite
d’Auckland. Tous deux tiennent compte des repercussions sociales et
ecologiques de tout ce qu’ils consomment, et cela se traduit par une
decroissance progressive. “Il suffit de lire un article sur les mefaits
des verres en plastique et vous ne pouvez plus vous en servir, explique
Keith Thomas. Cela finit par faire partie de ce que vous etes.” Niki
precise : “Bien sur, on fait des entorses, mais on les regrette. Cela
nous est desagreable.”
Leur but ? Redonner un sens au “vivre ensemble” Avoir
un comportement respectueux de l’environnement n’est ni difficile ni
penible, assurent-ils. “A certains egards, c’est plus complique du
point de vue pratique, il faut evaluer tout ce qu’on fait, reconnait
Niki Harre. Mais ce mode de vie a ceci de beaucoup plus simple que vous
vous appuyez sur un cadre solide pour determiner tout ce que vous
faites. Cela clarifie tout.”
En 1981,
Duane Elgin crea l’expression “simplicite volontaire” pour definir la
demarche des individus voulant vivre mieux avec moins, consommer de
facon responsable et faire l’examen de leur vie pour determiner ce qui
est important et ce qui ne l’est pas. Loin d’etre un renoncement au
materialisme, une vision romantique de la pauvrete ou meme une
privation auto-infligee, la philosophie de la simplicite volontaire
consiste a vivre selon ses moyens et ses valeurs.
Et
cette volonte de simplicite, assurent ses partisans, commence a se
manifester dans la culture populaire : en temoignent la mode
architecturale des lignes modernes claires ou ces “consultants” que
l’on paie pour venir desencombrer sa maison. On note egalement que les
jeunes gens d’une vingtaine d’annees appliquent la simplicite
volontaire avant meme d’etre entres en surchauffe. Michelle Boag, qui
dirige PR People, une agence qui recrute des charges de relations
publiques, est etonnee par le nombre de personnes ayant la vingtaine ou
la trentaine qui refusent de trimer pour monter dans la hierarchie,
cherchant plutot un bon salaire pour 30 heures de travail hebdomadaire.
Niki Harre et Keith Thomas ont intensifie
progressivement leurs pratiques ecologiques : consommation d’œufs de
poules elevees en plein air, passage de deux voitures a une seule, velo
pour aller au travail, resistance a la tentation de tout faire renover.
Derriere la maison, le potager de Keith
est verdoyant. “On a l’air plutot barres, mais en fait on est tout a
fait normaux”, plaisante Niki. Les deux plus jeunes enfants de Niki et
de Keith vont a l’ecole a velo ; tous deux ont ete renverses par des
voitures sortant d’une allee, mais ils s’en sont sortis avec quelques
egratignures. La plupart du temps, Niki parcourt elle aussi a
bicyclette les 6 kilometres qui la separent de son lieu de travail, en
ville. La famille est membre du SALT, sigle de Slower And Less Traffic
[Une circulation plus lente et moins dense], une association de
quartier qui compte plus de 200 membres. Leur but ? Redonner un sens au
“vivre ensemble” tout en ameliorant la securite dans la rue. Niki Harre
et Keith Thomas se refusent par ailleurs a conduire leurs enfants a
l’autre bout de la region pour leurs activites extrascolaires, comme ce
voisin qui a fait 55 kilometres en voiture pour emmener son fils de 11
ans a son match de foot.
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http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=81112>
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Harmonieusement,
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